Entre Deux Eaux

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Expertise en management stratégique de projets complexes dans le domaine de l’eau

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Bucarest

Descente à l’est pour une ruée vers L’ouest

 

Savez-vous…

Que la Roumanie était pleine de chiens, d’églises et d’un Parlement ?

Nommer les pays des Balkans ?

Que la Moldavie était un pays maritime ?

Où se trouve l’île des Serpents ?

 

 

 

La Roumanie est en pleine transition économique, environnementale, sociale et politique. Il y a 2 ans (2007), elle a en effet intégré l’Union Européenne avec sa voisine bulgare. Cependant, les 24 années de règne de Ceausescu (1965-1989) ont laissé des traces qu’aucune subvention européenne  ne pourra effacer. Et pourtant, les infrastructures ferroviaires, routières et de traitement des eaux (près de 2000 stations d’épurations doivent être construites d’ici 2018 pour atteindre les standards européens) sont en plein essor. Plusieurs  reliques de cet ancien régime communiste sont, pour nous touristes, aisément palpables. Nous n’en évoquerons que trois : Le Parlement, les chiens et les églises.

 

Les églises « cachées » de Bucarest. Dans son rejet des religions et de dieu, le régime communiste de Ceausescu tenta de détruire les nombreuses églises de Bucarest. Cette décision fut un véritable tollé auprès de la population roumaine, croyante et pratiquante à plus de 95%. Face à cette réaction populaire, aucune église ne fut détruite mais, en revanche, de nombreux édifices caractéristiques de l’architecture communiste, c’est-à-dire de grands blocs gris, virent le jour afin de donner la réplique à ces bâtiments religieux indésirables et d’en limiter le rayonnement. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, tout un chacun pourra se laisser surprendre par la beauté de ces clochers surgis de nulle part.

 

Les chiens errants. Pour ses projets d’urbanisation, Ceausescu n’était pas le genre d’homme à s’engluer dans des démarches administratives. Il délogea la population urbaine dans les banlieues entourant la capitale où il fit construire de grandes tours de béton. La construction du parlement en est un exemple flagrant puisqu’elle nécessita le relogement de pas moins de 40 000 personnes. Les animaux étant interdit dans les immeubles, de nombreuses familles durent abandonner leur compagnon dans ces déménagements. 20 ans plus tard, les voici maitres des rues avec à leur actif 22 000 agressions pour la seule année 2000. Depuis, les choses ont évolué, et la création de chenils a permis d’en recueillir une bonne partie, l’euthanasie étant interdite.

 

Le Parlement. Depuis des siècles, les hommes politiques français souhaitent laisser une trace de leur passage sur notre terre. Dans les archives récentes, nous retrouvons ainsi la Bibliothèque Nationale ou encore le musée du Quai Branly ; mais bien avant cela,  régnèrent Versailles pour Louis XIV et Chambord pour François 1er. Cette tendance n’est visiblement pas typique de l’hexagone, puisque la tradition perdure depuis l’Egypte ancienne et la Roumanie en a, elle aussi, fait les frais. Edifié entre 1984 et 1989, le Parlement roumain est, à l’image modeste de son créateur, le deuxième plus grand bâtiment administratif au monde derrière le pentagone. 400 000m² habitables, 45 000 m² de surface au sol, 100m de haut, destruction de 520 ha de la ville de Bucarest (1/5 de la superficie totale, l’équivalent de 3 arrondissements parisiens) : des chiffres qui donnent le tournis.

 

 

 

Après ce petit aperçu contextuel (mieux vaut dresser le portrait de la scène avant d’en décrire les acteurs), que se passe t-il  au niveau de notre or bleu en Roumanie? Eh bien, pour la première fois depuis le début du voyage, il commence à être difficile de boire l’eau du robinet. La Roumanie est en bout de fil et elle perçoit certainement mieux que quiconque les effets de la pollution des pays en amont.

 

Elle a cependant aussi une importante responsabilité dans la qualité des eaux qui lui parviennent. Les eaux qui s’écoulent dans la partie nord ouest du pays (région minière) sont fortement polluées et viennent se jeter dans la Tisza  (fleuve hongrois) qui est un des principaux affluents du Danube.  L’Arroseur, arrosé !

 

Mais quelle relation la Roumanie entretient-elle avec ses voisins ? Elle travaille depuis peu avec la Hongrie pour améliorer la qualité des eaux de la Tisza. Il a fallu attendre (encore une fois !) la catastrophe de l’usine de Baia Mare le 30 Janvier 2000 qui a vu se déverser près de 300 000m3 d’effluents contenant du cyanure et des métaux lourds dans le Nord Ouest du pays pour que la collaboration entre les deux pays ne débute.

 

Plus au sud, nous retrouvons le Danube qui fait office de frontière sur les 135 derniers kilomètres avec la Serbie. La coopération est ici plus ancienne. Elle s’est organisée autour de la gorge des Portes de Fer (Iron Gates) dans laquelle  un gigantesque complexe hydroélectrique a été développé en 1972. Les bénéfices (Irrigations et énergies) sont répartis entre les deux nations. Cependant, et comme souvent, bénéfices économiques et respect de l’environnement ne font pas bon ménage. En effet, ces « portes de fer » ont entraîné de graves dégâts sur les écosystèmes et la biodiversité de la région, que les associations, gouvernements et organisations essaient depuis lors de réparer.

 

En continuant notre tour de Roumanie, nous suivons la frontière bulgare sur le cours du Danube. La largeur du fleuve est désormais impressionnante, et mis à part quelques bacs, le seul moyen de passer d’une rive à l’autre est le pont situé entre Giurgiu (ROM) et Rusé (BUL). Il existe peu de projets communs dans cette partie de l’Europe en dehors du recueil de données hydrologiques. Mais cette délimitation concerne bien plus que ces deux pays puisque c’est elle qui définit la zone des Balkans. Nous nous arrêtons souvent à penser que les Balkans ne sont constitués que de l’ex-Yougoslavie, suite à la guerre. Il s’agit en réalité de toute la partie au sud du Danube et de la Sava reliant l’Adriatique à la Mer Noire. Cela comprend donc la totalité de : l’Albanie, La Bosnie-Herzégovine, la Macédoine, Le Monténégro, la Grèce et la Bulgarie ainsi qu’une partie de la Slovénie, Croatie, Serbie et Roumanie.

 

 Le Danube est un fleuve capricieux: il aurait pu décider de se jeter sagement et directement dans la Mer Noire, mais au lieu de cela, il s’est arrêté au niveau de Silistra (ROM), et a choisi brusquement de remonter vers le nord, d’éviter la Moldavie (problème de visa sûrement) en partant vers l’est pour finalement éclore en un delta répartit entre l’Ukraine et la Roumanie.

 

Une bifurcation en soi, ça n’a rien de grave. Le Danube a bien le droit de prolonger le voyage avant de brasser du noir ! Les soucis apparaissent après grâce à nos chers politiques.  Diviser c’est régner ! Alors quoi de mieux que de rajouter un pays en bordure du Danube : La Moldavie. Ce dernier n’a eu droit qu’à 430m de rivage mais il en profite pleinement avec un port pétrolier de la même longueur. Mais alors comment accueillir des pétroliers d’une taille supérieure à ces 430m ? Ce n’est pas un problème moldave : les bateaux n’auront qu’à accoster de travers !

 

Gardons le meilleur pour la fin : l’Ukraine. Avec la Roumanie, les deux pays ont du mal à s’entendre et à travailler ensemble, principalement pour des raisons économiques. Ils se disputent la suprématie d’une ile au large de leur cote qui s’avère être riche en pétrole : l’île des Serpents (il en faudrait peu à Johnny Depp pour partir à sa conquête !). Pour ne rien arranger, la compétition fait rage entre Odessa (UKR) et Constanta (ROM) pour savoir lequel des deux deviendra le principal port européen sur la Mer Noire. La tension réside sur la volonté ukrainienne de creuser un canal au travers du Delta pour relier Odessa au Danube et ainsi s’ouvrir la voie royale vers Rotterdam. Ukrainiens, Roumains, Commission de navigation, Commission de protection du Danube et ONGs sont sur le branle-bas de combat.

 

Au-delà de ce tour de Roumanie c’est désormais note descente du Danube qui s’achève ici. Changement de culture et de continent, notre parcours nous emmène au Moyen Orient. Notre première étape est :

-          Le plus important réservoir d’eau douce de la région

-          La source du Tigre et de l’Euphrate

-          L’ancien centre de l’empire Ottoman

-          Le plus européen des pays du MO

Je suis, je suis…

 


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