Entre Deux Eaux

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Expertise en management stratégique de projets complexes dans le domaine de l’eau

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Organisation

L’Office du Niger

Etant de passage dans la région, le nom « Office du Niger » ne pouvait que retenir notre attention. Les locaux de cet organisme sont situés dans de magnifiques anciens bâtiments coloniaux dans la jolie ville de Ségou, à 220km à l’est de Bamako. L’Office du Niger est le plus ancien et le plus étendu des périmètres irrigués de l’Afrique de l’Ouest. Aménagé à partir des années 1930, l’objectif était d’irriguer, en 50 ans, les immenses plaines du delta intérieur du fleuve Niger, entre Ségou et la frontière Mauritanienne, soit 960 000 hectares destinés à la culture du coton afin de fournir les industries textiles de la France coloniale.



Des débuts difficiles

L’histoire de cette immense plaine irriguée commence le 5 janvier 1932 sur l’initiative de l’ingénieur français Emile Belime. Dans l’ambition d’irriguer près d’un million d’hectares, un certain nombre d’infrastructures doivent être mises en place. L’initiative commence avec la construction du barrage de Markala en 1934, à 40km au nord de Ségou. Le barrage est achevé en 1947 et alimente plusieurs milliers de km de canaux d’irrigation. Mais le projet de l’Office du Niger ne concerne pas seulement les infrastructures : dans le même cadre le projet du GAP (Cf Article - http://entre2o.free.fr/?p=230) en Turquie, il a pour objectif de devenir un vaste projet intégré permettant de développer économiquement et socialement la zone. Ainsi, de nombreuses activités sont imaginées, avec, entre autres, tout le processus agricole, de l’aménagement et l’exploitation des terres à la commercialisation an passant par la transformation des produits. En parallèle, un certain nombre de services doivent accompagner les exploitants comme un mécanisme de crédit, des centres de formation et de santé, …

Afin de mettre en place le projet, les autorités coloniales cherchent à peupler cette région initialement désertique en y implantant, souvent de force, des populations d’agriculteurs Mossi. Dans les premières années, le projet est un échec : les relations avec les paysans sont très mauvaises, les infrastructures sont en mauvais état et la production baisse constamment. En 1960-61, seuls 45 000 ha sont aménagés dont seulement 82 % cultivés. Pour relever cette situation économique déficitaire, la République du Mali (indépendante depuis le 22 septembre 1960) nationalise l’Office du Niger en 1961 en l’intégrant dans sa politique socialiste de développement planifié de l’agriculture irriguée. Mais la nouvelle direction n’améliore pas les finances et la situation empire. Les colons Mossi désertent la région en emportant les outils qui leur avaient été fournis.

En 1970, les autorités décident d’abandonner le coton au profit des cultures vivrières. Le développement de la riziculture devient la priorité afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire du pays. Le canal Costes-Ongoïba est dessiné afin d’augmenter la superficie des surfaces irriguées. Cependant ; le bilan dressé au début des années 1980 montre une situation bien en dessous des objectifs initiaux avec des superficies aménagées encore inférieures à 50 000 ha. Le Mali décide donc de réformer l’Office du Niger dans les années 1980 afin de :
o réhabiliter les infrastructures hydrauliques
o recentrer les missions de l’Office du Niger dans le cadre d’une libéralisation progressive de l’économie et du transfert de responsabilité de l’Etat aux acteurs privés et en particulier les exploitants agricoles et leurs organisations.
Des actions sont mises en œuvre dans les années 1980 afin de mettre en œuvre ces grandes orientations :
o l’abolition de la police économique en 1984
o la mise en place des Associations Villageoises,
o le relèvement du prix administré du paddy,
o la libération du commerce du paddy en 1986,
o la restructuration et le désengagement des activités productives et commerciales de l’Office du Niger (de 1988 à 1994)



Le nouvel Office du Niger et le commencement de la reprise

En 1994, sous la 3ème République, un Nouvel Office du Niger, qui possède désormais le statut d’ « établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC)» est constitué (Cf loi 94 004/AN-RM du 9 Mars 1994 portant création de l’Office du Niger). Il est placé sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture de l’Elevage et de la Pêche. Ses missions sont recentrées sur les domaines pour lesquelles il est le plus compétent dans le but, entre autres, d’assurer l’autosuffisance nationale, voire l’exportation, de riz. Le reste comme l’aménagement des terres, le crédit agricole, la transformation et la commercialisation est privatisé ou délégué à d’autres organismes (comme les activités de conseil). En 1995, un premier contrat-plan est signé entre l’Etat, l’Office du Niger et les Exploitants Agricoles (appelé «Contrat - Plan Etat/ON/Exploitants agricoles») pour la période 1996/1998.

Ces étapes marquent le début d’une période prospère pour une organisation pourtant mal partie. La dévaluation du franc CFA en 1994 a amélioré la rentabilité et la compétitivité de la filière rizicole locale. Couplée à des réaménagements (comme la généralisation de la technique du repiquage et l’utilisation de variétés de riz plus productives) entamés dès les années 1980, elle a permis l’intensification de la production rizicole. Depuis, les rendements rizicoles de la zone n’ont cessé de s’accroître et depuis 1996, le Mali est devenu excédentaire sur le Marché du riz.
En 1996 fut signé un décret (décret de gérance n° 96 188/P-RM du 1er juillet 1996) définissant les principales règles de gestion de l’eau et de gestion des terres. Ce décret est une grande avancée dans la mesure où il permet une forte participation des exploitants agricoles aux prises de décision. En échange des droits d’exploitation et de jouissance des terres, les paysans s’engagent à payer des redevances. Avec les subventions de l’Etat utilisées pour l’entretien du réseau primaire et les programmes de financement de la maîtrise d’ouvrage déléguée et du conseil rural, ces trois sources constituent les principaux financements de l’ON.

Un second contrat de plan est signé pour la période 1999/2001.

Les défis actuels

Dans le cadre de sa politique économique, l’Etat Malien cherche aujourd’hui à valoriser le potentiel de la zone de l’Office du Niger en :
o achevant la réhabilitation des terres aménagées,
o augmentant les superficies aménagées à la fois sur fonds publics et sur fonds privés,
o s’assurant d’une exploitation durable des ressources naturelles,
o engageant des réformes institutionnelles pour attirer les investissements du secteur privé notamment par une meilleure sécurisation foncière.
L’élaboration d’un schéma directeur de développement de la zone Office du Niger est en cours, qui définira les options et les objectifs d’extension de la zone.

Plus d’informations sur le
Site internet de l’Office du Niger

www.office-du-niger.org.ml



Sources :
o Guide du Petit Futé « Mali » 2009-2010 p. 60
o Site internet de l’Office du Niger www.office-du-niger.org.ml
o “Recentrage bénéfique des missions”
http://www.maliagriculture.org/services_tech/Office%20du%20Niger/page-ON.html


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