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Voyage

L’Ecotourisme

Depuis que nous sommes arrivés en Asie du Sud Est, c’est la guerre des pancartes : au bout de la rue, Sisavanh vend des parcours « Ecotrek », juste en face, Sanong propose quelques nuits dans son « Ecovilla », tandis qu’un peu plus loin, Voradeth et Keomany présentent le package complet : départ à pied, descente du Nam Khan en kayak, visite d’un « ecovillage » et découverte de l’artisanat local. Mais d’où vient donc cet engouement pour l’écotourisme ? Et qu’est-ce que la marche et le kayak ont d’écologique ? C’est la question que nous nous sommes posée et à laquelle nous allons tenter de répondre.

Qu’est-ce que l’écotourisme ?

Fidèle aux vieilles habitudes, j’entre donc le mot « écotourisme » sur Hooseek (moteur de recherche responsable). C’est là que je découvre tout un tas de nouveaux mots, qui ne m’avaient pas effleurée auparavant : “Green-Washing”, « label AAA », TIES,… Bienvenue dans le monde de l’écotourisme !

D’après mes lectures, l’écotourisme serait apparu il y a une trentaine d’années, en parallèle des nouvelles tendances de respect de la nature et des hommes comme le développement durable. Cependant, comme nombre de concepts dans ce domaine, le terme n’est apparu qu’en 1991, lorsque la Société Internationale de l’Écotourisme (The International Ecotourism Society ou TIES) en a donné une définition : «L’écotourisme est une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien être des populations locales »

L’écotourisme s’est en réalité développé pour « contrer », tant bien que mal, les effets du tourisme de masse. A l’heure de la mondialisation et de la démocratisation des voyages « low-cost », le tourisme est plus que jamais destructeur des écosystèmes et des populations. S’installe alors une partition, voire un fossé infranchissable, entre les touristes et les populations locales. Il y a deux semaines de cela, nous avons pris un bateau pour descendre le Mékong entre Huay Xai et Luang Prabang, au nord du Laos. Pendant 48h, nous étions touts petits au milieu de cette grande et imposante nature. Mais le voyage n’était pas de tout repos. Un groupe d’une vingtaine d’européens (dont je tairai la nationalité pour ne pas raviver de vieux démons rosbeef-mangeurs de grenouilles) a trouvé l’occasion parfaite pour lancer un défi à la nature : boire autant de canettes qu’il y avait d’arbres dans les environs. Au vu de leur degré d’alcoolémie, j’aurais déclaré la nature vainqueur par KO, mais ils ne le voyaient pas de cet œil et en ont profité le soir pour remettre la tournée. Amusés au départ par leurs frasques, nous avons vite compris que dans ce cadre, la dichotomie est rapidement faite : lorsque nous accostions la rive pour déposer des passagers, des enfants pas plus hauts que 3 pommes venaient vendre aux touristes que nous sommes des « Beer Lao » (bière locale). Nos congénères, qui probablement profitent de ces vacances pour se relaxer du reste de l’année et dépenser leurs économies, laissaient des pourboires monumentaux et complètement en décalage avec le niveau de vie local.

Pourquoi vous raconter tout cela ? Parce que pour moi, le tourisme consiste à rencontrer les populations locales, à vivre comme les gens de la région, manger les mêmes repas, partager leur quotidien en somme. Cela ne nous empêche pas de participer au développement local. Certes, nous avons un pouvoir d’achat bien plus élevé que les habitants du coin, pourquoi le nier ? Les entrées des monuments touristiques sont d’ailleurs, dans la plupart des pays du monde, bien plus chères aux étrangers qu’aux touristes, et tant mieux ! C’est cela aussi l’écotourisme !

Quelques principes de base

Globalement, cette nouvelle forme de tourisme s’inscrit dans le respect de notre environnement : la faune, la flore, les hommes, la nature, tout est bon à préserver ! L’écotourisme est en quelque sorte aux vacances ce que le développement durable est à la vie domestique. Mais les grands principes restent les mêmes. En voici quelques-uns, tirés du site de la Société Internationale de l’Écotourisme et mis à ma sauce :

1. Eviter de trop prendre l’avion ! Lui préférer les modes de transport locaux. Sans pour autant tenter de traverser l’Atlantique à la nage, les plus belles rencontres que nous ayons faites ont été pendant nos 30 à 40h de train à travers le continent indien. C’est une découverte à part entière…
2. Apprendre les quelques mots de base dans la langue locale : quel bonheur de voir le sourire des gens lorsque l’on ose un timide « Sabaidii » (bonjour en laotien) ou « Choukran » (merci en arabe) !
3. S’habiller dans le respect des coutumes locales : pas besoin pour cela de porter le saree ou la burka, simplement de ne pas porter de mini-short ou de décolletés dans un pays arabe, par exemple…
4. Etre respectueux des citoyens : ne pas oublier que l’on est chez eux, ne pas les prendre en photo contre leur gré ou franchir les limites de leur vie privée, ne pas oublier que les sensibilités sont différentes en fonction des pays.
5. Protéger l’environnement, comme par exemple en limitant le poids de sa valise ou de son sac à dos, en évitant de collecter les sacs plastiques (et croyez-moi, parfois, il faut se battre !), et simplement en ne faisant pas chez le voisin ce que l’on ne ferait pas chez soi.
6. Consommer local : que ce soit dans les hôtels, les restaurants ou pour les souvenirs, faire marcher l’artisanat, sans pour autant tomber dans les attrapes-touristes !

La liste serait très longue si l’on voulait énumérer tous les conseils possibles pour l’écotourisme, et ne serait jamais exhaustive. De mon point de vue, cette notion relève également de la sensibilité de chacun et il importe à chaque touriste de faire attention à ce qui lui semble primordial.

Le “Green-Washing”

Je ne vous ai pas expliqué le fond de l’histoire. Ce qui m’a amené en premier lieu à écrire un article sur l’écotourisme, c’est un reportage sur un village au Surinam que nous avons vu par hasard l’autre soir sur une chaîne internationale et qui prétendait expliquer le concept d’écotourisme. Le groupe de touristes témoins était d’abord emmené en avion au milieu de la jungle où se situait le village. On leur expliquait que leurs bungalows étaient respectueux de l’environnement, que tout le personnel de l’hôtel était local, et que le lieu était aux éco-normes. Puis, plus tard dans le reportage, on apprenait que le personnel était finalement venu habiter à proximité de l’hôtel, ce dernier se situant trop loin de leurs villages pour faire l’aller-retour chaque jour. Tout un village déraciné pour venir travailler dans l’hôtel, est-ce vraiment cela, respecter la culture locale ? Et qu’en est-il du déplacement en avion ?

Tout comme les pancartes de Sisavanh, Sanong, Voradeth ou Keomany, ces pratiques sont considérées comme du « Green-washing », en d’autres termes une aberration du label « éco », devenu particulièrement attractif et vendeur dans l’industrie du tourisme. Pour les éviter, il faut principalement s’en remettre à son bon sens, bien que quelques labels « officiels » existent, comme le label AAA ou le système de notation à 5-étoiles. Mais encore une fois, attention aux faux ! Rien n’est plus facile aujourd’hui que de créer un label indépendant et d’en certifier toutes ses sociétés. Des critères ont également été développés par l’UNEP (United Nations Environmental Program) ou l’OMT (Organisation mondiale du tourisme).

L’écotourisme et l’eau

Respecter l’environnement, c’est également respecter l’eau. A travers le tourisme, cette activité peut prendre plusieurs formes. Cela peut être un ensemble de petits efforts comme limiter le temps d’une douche, bannir les bains, ne pas faire laver sa serviette tous les jours à l’hôtel, et tout cela particulièrement dans les pays où la disponibilité en eau est faible. En Jordanie, par exemple, la majorité de la population n’est approvisionnée en eau qu’une fois par semaine alors que les grands hôtels le sont quotidiennement. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il est moins grave de gâcher de l’eau chez soi que pendant ses vacances, mais l’impact au niveau local dans les pays en situation de stress hydrique peut être dévastateur.

En résumé, l’écotourisme ne nécessite pas forcément de passer par un opérateur, que l’on parte loin de chez soi ou juste à côté. C’est principalement l’opportunité de s’informer, de s’ouvrir aux autres et à l’environnement, et d’apprécier au maximum les richesses locales. Ouvrez grand vos yeux, aérez vos narines, préparez vos papilles, chaussez les bonnes chaussures, et bon voyage ! Et n’oubliez pas : c’est parfois au touriste de donner le bon exemple !

Pour en savoir plus:

Site de l’Association Française d’Ecotourisme : http://www.ecotourisme.info/
L’Association Française d’Ecotourisme (AFE) a été créée en 2005 afin de diffuser le concept d’écotourisme en France, d’en faire la promotion auprès des professionnels et du grand public, et d’accompagner le développement de projets et la mise en place de stratégies de territoire liées au tourisme durable. Lire la fiche explicative sur l’écotourisme (pdf)

 The International Ecotourism Society website: http://www.ecotourism.org/

Le site - www.voyageons-autrement.com, pour un voyage responsable et un tourisme et durable. Vous y trouverez des informations explicatives sur le concept d’écotourisme, sur les acteurs du secteur mais aussi sur l’organisation de vos futures vacances.


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