Entre Deux Eaux

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Expertise en management stratégique de projets complexes dans le domaine de l’eau

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Description

Utilisation de l’eau

À l’image de sa courbe elliptique autour du soleil, la terre ne tourne pas rond. La tendance actuelle est telle que nous ne sommes pas prêts à revenir dans le bon sens. Pression démographique, explosion technologique, globalisation, consommation excessive… autant de thèmes qui nous éloignent des lois qui régissent notre planète et qui mettent en doute ses capacités à produire des ressources. L’eau, si nous prenons cet exemple par hasard, ne sera peut être pas une ressource inépuisable, du moins dans sa forme potable. Faisons un tour d’horizon de l’utilisation que nous en avons.

« Rien ne se perd, tout se transforme »

La quantité d’eau sur terre est toujours identique. On la retrouve sous des formes chimiques différentes : liquide, solide et gazeuse mais sa quantité totale ne varie pas. Nous devons cela au cycle de l’eau. Ce cycle est la base théorique de la météorologie et de l’hydrologie.
Lorsqu’il pleut sur un terrain, la pluie alimente à la fois les eaux de surfaces (lacs, rivières, fleuves) et les eaux souterraines (nappes phréatiques). Elles vont chacune suivre le cours naturel des flux qui les emmènent jusqu’aux mers et océans. Arrivées dans ces grandes étendues bleues, certaines particules d’H2O vont s’évaporer grâce à l’action du soleil et se perdre dans le ciel avant de se condenser les unes aux autres pour finalement nous retomber sur le coin de la figure. Retour à la case départ !
L’homme utilise une partie de ces eaux mais son action est nulle car les m3 utilisés réintègrent le reste de la troupe par déversement dans les cours principaux des rivières, ou par infiltration.

Pourquoi nous parle-t-on donc tant de pénurie d’eau, de stress hydrique ou encore d’hydropolitique?
Le souci ne se situe pas au niveau de la quantité mais de la qualité. De l’eau, il y a en a, mais si elle est salée, ca va nous poser un problème ! Le débat se pose donc sur l’accès à l’eau douce. À l’échelle planétaire cette eau douce ne représente que 5 % des eaux de notre planète dont 99.7% sont figées sous forme de glace ou situées dans des nappes d’eau inaccessibles.

Les causes de ce débat sont multiples :

1/ Une répartition inégale ;

Nous ne sommes pas égaux face aux ressources naturelles. Les sols ne sont pas constitués des mêmes matières et la nature accentue ces inégalités en asséchant les régions arides et en inondant les régions humides. L’impact du réchauffement climatique sur les ressources en eau se situe justement bien là. Comment le Bangladesh va-t-il être capable d’absorber des précipitations croissantes alors que déjà 25% de son territoire est inondé annuellement ? À l’inverse, les pays méditerranéens vont bien devoir s’approvisionner en eau douce.

2/ La pollution,
Les considérations environnementales sont apparues récemment à l’agenda des preneurs de décisions. Certaines activités humaines ont en effet rendu les eaux impropres à la consommation. Ce sont, par exemple :
- L’utilisation de pesticides sur les terres agricoles, ceux-ci se déversant par la suite dans les rivières et nappes phréatiques à l’aide des précipitations,
- La contamination à l’arsenic dans les sous sols Bangladais,
- La catastrophe de l’usine de Baia Mare (Roumanie) le 30 Janvier 2000 qui a vu se déverser près de 300 000m3 d’effluents contenant du cyanure et des métaux lourd dans la Tisza puis le Danube.
- …

3/ L’agriculture intensive
L’agriculture est le plus grand consommateur d’eau, utilisant près de 70% des ressources mondiales. L’irrigation intensive permet aux agriculteurs d’augmenter leur revenu aussi vite qu’apparait, en contrepartie, la menace de la salinité. Lorsqu’il y a surexploitation de la ressource, le déficit d’eau douce a tendance à être comblé par de l’eau salée provenant soit de la mer, soit d’aquifères saumâtres situés sous la nappe d’eau douce. Cette montée des eaux marines a un impact négatif sur la fertilité des terres voisines et leur rendement (C’est le cas, par exemple, dans l’aquifère de Gaza ou le delta du Nil).
Dans tous les projets que nous avons étudiés jusqu’ici, les agriculteurs sont souvent les lobbyistes les plus fervents. Et on les comprend : en touchant à l’eau, on touche au cœur de leur exploitation.
Plus de bouches à nourrir, avec moins d’exploitants et moins de sols disponibles, l’équation commence à être dure à respecter.

Intervention humaine sur le cycle.

Pour disposer d’une eau de qualité à nos robinets, l’implication humaine est indispensable. Pour les processus de désalinisation ou le traitement des eaux usées, le lien est évident, mais nous oublions parfois les réseaux de tuyauterie qui nous permettent de bénéficier d’eau courante à notre robinet. Toutes ces actions résultent d’activités d’organismes publics ou privés, activités ayant un coût qui, d’une manière ou d’une autre, sera répercuté sur le consommateur. Mais devons-nous payer un besoin qui nous est vital ? Tant que ce montant reste relativement faible, le débat ne fera pas la une. En revanche, le jour où l’apport technologique aura supplanté l’approvisionnement naturel (approvisionnement unique par dessalement, transfert d’eau d’un continent à un autre…), les discussions deviendront très certainement plus conflictuelles.

Et nous dans tout cela ?

L’agriculture et l’industrie n’ont pas le monopole de l’utilisation de l’eau, nous avons aussi notre part de responsabilité. Elle est à la mesure des disponibilités et du développent économique du pays. Sans eau courante, « western toilet » (cabinet avec chasse d’eau), douches, jardins, piscine, la consommation d’eau reste dérisoire. Ajouter à cela des habitudes alimentaires végétariennes et vous venez de diviser par deux votre impact sur la ressource. Comment l’Inde subviendrait-elle à ses besoins si son milliard d’habitants endossait des habitudes carnivores ?

A titre d’exemple :
Moyenne Mondiale : 40 litres par jour et par personne
Consommation à Madagascar : 10l
Consommation aux US : 600l
Consommation en France : 150l (240l pour les parisiens)
Source : CNRS – Dossier scientifique : l’eau -

Surprise de voyage

Ce sont des choses qui ne nous concernent pas en France car si nous avons soif, il nous suffit d’ouvrir le robinet et d’en profiter à grandes gorgées. Arrêtons avec le débat sur l’eau en bouteille ou eau du robinet. Notre obsession de pureté nous aveugle de l’essentiel. De l’eau, nous en avons, et nous en aurons probablement toujours alors utilisons notre énergie pour nous concentrer sur des domaines économiques ou sociaux qui méritent d’avantage de concertation.

Plusieurs découvertes ont été déconcertantes depuis notre départ.
- La toilette quotidienne ou bihebdomadaire ne se réalise pas nécessairement dans une salle de bain. L’élément indispensable étant l’eau, l’activité est réalisée où on là trouve : dans les fontaines publiques, sous la pluie ou encore en rivière. Je ne parle pas du cours d’eau de montagne qui peut offrir une sensation dynamisante, mais plutôt d’autoroutes à déchets agricoles, industriels et ménagers. On peut même se baigner à la marge d’un crematorium. Essayez, c’est mortel !
- La lessive est une activité naturelle. Nos arrières grands parents usaient déjà de cette tâche en plein air mais ils la réalisaient dans des lieus appropriés, les lavoirs. Tigre et Euphrate, Gange, Cauvery, Mékong, voilà le nom de 4 lavoirs que nous avons eu la chance de visiter.
- L’eau est un sujet qui occupe la une des journaux locaux. Dans de nombreux pays, la thématique n’a pas le statut d’intermittent des pages planètes que l’on noie au milieu d’un journal.
- L’eau peut être rationnée. En Jordanie, vous n’avez pas intérêt à manquer la distribution hebdomadaire si vous voulez remplir le réservoir installé sur votre toit. Tandis qu’en Palestine, il ne vous reste qu’à espérer que les colons n’utilisent pas trop d’eau. Toute diminution de pression ferme les valves des circuits secondaires auxquels vous êtes rattaché.
- Les fruits ne poussent pas tous tout au long de l’année. Nous avons réappris à dépendre des saisonnalités. Pas de surgelé, pas d’importé, que du frais.
- L’eau chaude est un luxe. En Inde, la chaleur ambiante n’inspire qu’au rafraîchissement mais en Turquie, Syrie ou Jordanie, il faut être téméraire pour prendre une douche froide lors des matinées hivernales. Il faut donc le faire à la casserole ou bien espérer que la chaudière qui fonctionne à l’énergie solaire ait accumulé suffisamment d’énergie dans la journée.
- Enfin et plus que tout, nous nous sommes rendu compte a quel point l’eau potable au robinet est une chance. Préservons-la !


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