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Evènement

Le sommet de Copenhague

Il y a eu la mode du développement durable, durant laquelle nous avons eu droit à notre lot de vocabulaire et nouveaux concepts alliant économie, social et environnent. Aujourd’hui, la capitale danoise est au centre des négociations mondiales pour préserver notre environnement, et surtout notre climat. Ce sujet est un bien petit arbre pour cacher la forêt d’enjeux qui vont se dérouler lors de ce sommet où nos domaines économiques et sociaux seront au cœur des argumentations. Pas simple de bâtir un monde durable !

Copenhague entre dans la lignée des grandes conférences internationales lies à l’environnement. Comme à Rio en 1992, lors de la convention sur les changements climatiques qui a officialisé l’importance du problème, ou encore à Kyoto en 1997, les Etats du monde vont se réunir pour tenter d’établir une action globale afin de lutter contre le phénomène actuel.

Le protocole de Kyoto a posé la responsabilité des pays développés en les engageant à réduire leurs émissions à effet de serre d’environ 5% par rapport aux émissions répertoriées en 1990. Cet accord prend fin en 2013 et les 15 000 diplomates, journalistes, ONG ou militants vont avoir la lourde tâche de définir ensemble de nouvelles règles environnementales.



Les Enjeux

L’enjeu principal se situe au niveau environnemental. L’objectif est de limiter la montée globale des températures à 2 degrés d’ici 2050. 2 degrés et pas plus ! Au-delà de ce seuil, le GIEC estime qu’il y aura des répercussions humaines et environnementales catastrophiques.

Afin de parvenir à cet objectif, il faut réduire nos émissions de CO2 de 50 % d’ici à 2050 par rapport à 1990. C’est là que l’enjeu économique intervient, avec un bouleversement dans nos modes de vie et de consommation. Car pour respecter ces engagements, les US devront par exemple diviser par 10 ou 12 leurs émissions de dioxyde de carbone par habitant.

En parallèle du but stratégique à atteindre, il y a un défi technologique à assurer pour trouver de nouvelles mesures de lutte contre le réchauffement climatique et faire en sorte qu’elles soient appliquées dans tous les pays : développement des énergies renouvelables, amélioration de la performance énergétique des bâtiments, développement des transports collectifs, développement des produits recyclés…

Mais les solutions de demain ne passeront pas simplement par les bureaux de recherche et développement de nos industriels. Des solutions locales existent déjà aujourd’hui au niveau des communautés. Pourquoi n’arrivent elles pas à être reproduites ? Les schémas trop hiérarchisés de nos sociétés empêchent leurs extrêmes d’être liés. Les informations circulent de haut en bas mais ne savent pas remonter. Quant aux ONG, elles ne s’avèrent toujours pas être le liant manquant pour une société intégrée. La participation de la société civile (10 :10 en Angleterre, Ultimatum climatique en France…) est importante pour cet événement mais reste tout de même marginale à l’échelle de la population mondiale ou même française. Un contre pouvoir est encore en mode de rodage. Il y a une pression mise sur les gouvernements européens et américains, mais dans ce jeu d’influence, on peut se demander quelle est la contrepartie en Inde et en Chine? De ce que nous connaissons en Inde, ni associations locales, ni organisations internationales n’ont leur place à la table des décisions.

Enfin, la dernière partie est le jeu géopolitique que vont jouer les pays. C’est d’ailleurs la partie la plus incertaine et complexe. Les Etats doivent s’entendre pour trouver un régime juridique international organisant la lutte contre le réchauffement climatique. Ce sommet est comparable au dilemme du prisonnier, les pays ont intérêts à coopérer pour sortir de l’impasse actuelle mais les ambitions individuelles et l’appât du gain pourraient dépasser l’intérêt collectif.



La Divergence Nord – Sud

La commande est longue pour une petite ville comme Copenhague et on peut surtout se demander qui va accepter de payer la note. Le risque pour tout le monde, c’est qu’en intégrant les intérêts verts, l’addition ne soit que plus salée demain. Tous les programmes pour respecter les engagements devront trouver financeurs, et en suivant le principe de pollueurs - payeurs, ce seront les pays du nord qui mettront la main à la pâte. Reste à savoir si l’appui pour l’environnement ne se fera pas au détriment des engagements actuels pour le développent. Une digue contre une école ?

Le débat est sur la corde sensible également lorsque nous touchons à la morale. Développement et environnement sont des notions qui ne font pas bon ménage. Le débat actuel sur le réchauffement climatique n’est en fait qu’un constat de nos erreurs passées et nous demandons aux pays en voie de développement de ne pas reproduire les mêmes. Certes, s’ils peuvent apprendre de nous, tant mieux, mais nous ne pouvons pas leur demander de baser leur développent sur des ressources renouvelables onéreuses lorsque nous, à la même époque, nous faisions tourner les usines à charbon à plein régime.



Les Principaux acteurs

Le GIEC
Créé en 1988, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est un organe intergouvernemental qui est ouvert à tous les pays membres de l’ONU et de l’OMM (l’Organisation météorologique mondiale). Il a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation.
Ce groupe d’expert a publié 4 rapports majeurs sur le phénomène climatique qui sont régulièrement cités comme base de discussion par les autorités politiques.

Les Pays
La Chine, les Etats Unis et l’Europe sont les acteurs prépondérants dans la discussion avec respectivement 21%, 20% et 14% des émissions de dioxyde de carbone à leur actif. Si l’un de ces acteurs était amené à ne pas signer l’accord final, cela remettrait en cause la portée globale de la convention. Dans une moindre mesure, l’Inde (4%) et la Russie (6%) seront aussi des protagonistes incontournables de la discussion.



Quel futur ?

Il est bien beau de s’accorder sur des règles internationales, mais s’il n’y aucun organe pour les appliquer, ce ne sont que des mots sur un morceau de papier. Le chroniqueur suédois Martin Ådahl évoque dans Fokus que, « le Canada qui avait promis de diminuer les émissions de 6 % d’ici à 2012 les a augmentées de 28 % », sans qu’il ne se passe rien. Est-il possible d’envisager une nouvelle organisation internationale responsable de faire respecter les conditions signées ? La création d’une telle organisation serait un sujet de sommet à elle toute seule pour s’assurer de son établissement. Et puis sous l’égide de qui ? De l’ONU, de la Banque mondiale, du GEF, d’une organisation indépendante ?

Certains remettent en cause la priorité du débat environnemental alors que nous ne sommes toujours pas sortis de la crise financière. Nous ne pouvons plus régler nos problèmes au cas par cas. De la même manière que les difficultés françaises ne sont plus un débat franco français mais européens, les problèmes financiers ne se règlent pas qu’entre financiers mais à une dimension plus globale.
La situation actuelle du climat est une des conséquences de notre économie de marché, recherche de croissance et surconsommation. Nous ne pouvons pas traiter d’un problème sans intégrer les impacts que la crise financière a eu.

Vous me direz : « la tâche est trop grande, on ne peut pas tout traiter en même temps ». Certainement. Mais les crises climatique, économique, alimentaire, ou sociale actuelles ne sont-elles pas des indicateurs que les choses ne vont pas bien et que si les impacts se ressentent dans tous les secteurs, c’est peut être notre système lui même qui n’est pas bon ? Arrêtons de jouer les pompiers de service et discutons plus en profondeur des raisons de la situation actuelle. J’espère que ce sommet verra une redistribution des cartes géopolitiques mondiales avec un équilibre plus important entre le nord et le sud mais surtout que nous trouverons une solution collective à un problème global. Les solutions individuelles ne pourront avoir un rayonnement que localisé.

J’espère, je le souhaite, mais je suis un peu pessimiste par rapport à l’accord final. Le débat environnemental est pour le moment marginalisé avec une étiquette de contestataire qui lui colle à la peau. Aujourd’hui les enjeux économiques (à court terme) sont encore trop importants par rapport aux enjeux de la planète. Attendons le sommet de Dhaka en 2035 au cœur des micros Island bangladaises pour voir nos politiques se mouiller et prendre une décision pour l’avenir de notre planète. En attendant, ce sont les actions que chacun entreprend qui feront la différence. Elles ne sont pas toutes contraignantes et elles ne nécessitent pas que son voisin les débute pour qu’elles soient efficaces.

Des bédouins rencontrés en Jordanie nous expliquaient se sentir concernés par le réchauffement climatique. Pour diminuer leur impact, ils ont décidé de réduire la taille de leur feu de camp. Chacun à notre manière, nous pouvons contribuer au respect de l’environnement et je ne pense pas que ce soit les bédouins qui aient le plus d’efforts à faire.


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