Entre Deux Eaux

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Expertise en management stratégique de projets complexes dans le domaine de l’eau

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Newsletter n°10

Vol au dessus de l’Okavango

« Cubango » en Angola, « Kavango » en Namibie, « Okavango » au Botswana, autant de noms pour un écosystème si particulier. L’Okavango (car c’est cette dénomination qui est utilisée par la Commission) est un fleuve extraordinaire. En premier lieu, et à œil nu, parce qu’il ne se jette pas dans la mer. De par une fracture géologique qui a eu lieu il y a des millions d’années, le fleuve a arrêté sa course vers l’Océan Indien et, au lieu de cela, éclate en une multitude de branches au beau milieu du désert. Hydrologiquement maintenant, c’est un des écosystèmes aquatiques les mieux préservés d’Afrique, voire du monde, tant au niveau de la qualité de l’eau que de la faune et de la flore. Enfin, la Namibie en 1995, suivie par le Botswana en 1997, ont signé la Convention de Ramsar sur la protection des zones humides, faisant du delta le plus grand site Ramsar au monde. (Cf article sur les Zones Humides).



Carte d’identité de l’Okavango
Longueur: 1 100 km,
Surface totale du basin (active hydrologiquement): 323 192 km2 (Source : Rapport annuel de l’OKACOM 2009) dont : Angola (48%), Namibie (37%),Botswana (15%),
Population dans le bassin : 600 000 (Source: P. HEYNS 2007 & HOORC 2009),
Densité de population : Environ 1,2 personne par km2 (Source: P. HEYNS 2007),
Flux entrant annuel : 10 km3 d’eau, dont 95% viennent de l’Angola,
Usages : Roseaux et herbes de chaume (pour les maisons et l’artisanat), bois pour le feu, pêche, nutriments pour l’agriculture lorsque les inondations se retirent, eau potable pour les animaux, les troupeaux et les hommes,
Principaux affluents pérennes de l’Okavango : Rivières Cubango (nom de l’Okavango en Angola) et Cuito.



En kayak dans le delta
Visuellement maintenant, l’Okavango est sans contexte un des fleuves les plus majestueux et les plus sauvages qu’il nous ait été donné de visiter. Nous avons commencé notre tour en Afrique par Gaborone (à prononcer « Ra-bo-ro-ni » en roulant les R), la capitale du Botswana. Là, nous avons pu rencontrer diverses personnes travaillant sur le delta : l’ONG Kalahari Conservation Society (KCS), l’UNDP, SADC (« Southern African Development Community »), ainsi que des personnes du Ministère de l’Environnement et du Département des Affaires en Eau. Beaucoup s’affairent autour du delta. Après les diamants, le tourisme est la seconde source de revenus pour le pays. Et pour dire : le gouvernement motswana trie ses touristes sur le volet : loges luxurieuses, safaris, balade en bateau sur le delta, croyez-moi, peu de touristes au monde peuvent se permettre d’y mettre le prix. (Exemple d’Abu’s Camp, 11 000$ les 5 nuits en basses saison, 17 000$ en haute saison. Une loge coûte en moyenne 350$ la nuit).Heureusement, nous avons été chanceux. Tout d’abord la « chaîne de l’amitié » africaine nous a sourit. Si vous connaissez une personne dans une ville en Afrique, c’est suffisant : chacune vous indiquera une personne dans la ville suivante et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés passés de mains en mains et de villages en villages, à bénéficier pour notre plus grand bonheur d’une immense hospitalité.

Dans le delta, encore une fois, nos expériences ont été plus qu’originales. Alors que nous désespérions en regardant les prix des tours opérateurs pour visiter la zone humide, nous sommes tombés sur Sarah-Lee, une infirmière motswana blanche qui nous a fait partager son amour de la nature : un cottage au milieu des arbres envahis par les araignées, serpents et toute sorte d’autres bestiaux que nous avons pour habitude de fuir en Europe. Eh bien, nous avons appris à vivre avec. Deux jours plus tard, nous voilà à bord de kayaks à pagayer entre les roseaux, provoquer des envolées d’aigrettes, de jacanas et d’openbill stocks (grands oiseaux noirs avec un bec en forme de casse-noix pour déguster les crustacés). Lorsque Sarah-Lee me fait un signe de la main en poussant mon kayak jaune à l’eau, ses derniers mots, empruntés d’un air extrêmement sérieux, sont : « If you see a hippo, don’t get close to it and concerning crocodiles, they usually don’t approach us. » (« Si tu vois un hippopotame, ne t’approche pas trop près et concernant les crocodiles, ils ne viennent généralement pas des humains »). Ce jour là, hormis des oiseaux, nous n’avons vu que des paysages magnifiques, admiré la corolle des nénuphars se retournant au souffle du vent, pagayé entre les herbes hautes et avancé au doux son de la nature, droit vers le soleil couchant.



Notre rendez-vous avec l’OKACOM
Notre passage à Maun a surtout été l’occasion de rencontrer le Secrétariat de l’OKACOM, la Commission de Bassin de l’Okavango. Les trois pays, comme de nombreux autres en Afrique, ont une histoire marquée par la colonisation : anglaise au Botswana, alors appelé Bechuanaland, allemande puis sud-africaine en Namibie et portugaise en Angola. Les trois pays ont obtenu leur indépendance à des périodes différentes, soit par désintérêt de la puissance coloniale, comme au Botswana le 30 septembre 1966, soit par des conflits sanglants, comme en Angola en 1975, soit par insurrection et décision des Nations Unies comme en Namibie en mars 1990. Quelque soit le processus, l’important reste qu’au début des années 1990, les trois pays sont enfin maîtres de leurs ressources et décident communément d’en faire bon usage. Un certain nombre d’accords sont signés sur les cours d’eau transfrontaliers comme le Kunene entre la Namibie et l’Angola, le fleuve Orange, le Zambèze, et enfin, celui qui nous intéresse le plus, l’Okavango.

En 1992, des discussions tripartites commencent et aboutissent en 1994 à la création de l’OKACOM. A cette période, elle n’est composée que de deux entités : la Commission en elle-même, ayant un rôle de gouvernance, et l’ « Okavango Basin Steering Committee » (OBSC) dont la mission est plus technique. Au départ, les échanges entre les trois gouvernements sont plutôt hostiles : la Namibie a annoncé son plan de construction d’un canal pour approvisionner Windhoek depuis l’Okavango et le Botswana, qui craint pour son industrie touristique, s’y oppose fermement. En 1997 cependant, après plusieurs workshops et discussions destinés, avec succès, à calmer les esprits, un premier projet est entamé : le « Transboundary Diagnostic Analysis » (Diagnostic Analytique Transfrontalier) ou TDA. L’objectif est d’évaluer les ressources et les besoins des trois pays, en résumé, mieux connaître l’Okavango. L’étude sera terminée en 1999 mais ne fera malheureusement jamais l’objet d’un consensus. Il faut dire que la situation politique n’aide pas : la même année éclate en Angola une guerre civile entre l’UNITA (Union Nationale pour l’Indépendance Totale de l’Angola) au sud, et le gouvernement de Luanda. Malgré le support du gouvernement namibien de Sam Nujoma, la guerre fait des ravages et paralyse complètement le pays, qui n’a en outre plus accès à l’Okavango.

Même lorsque les discussions trilatérales reprennent à partir de 2003, l’atmosphère est tendue et complexe. La langue est une barrière importante : alors que le Botswana et la Namibie, malgré de nombreux dialectes tribaux, ont adopté l’anglais comme langue officielle, l’Angola parle portugais. La culture joue également un rôle : alors que les deux pays en aval ont bénéficié d’un héritage anglo-saxon, leur voisin en amont a une culture plus méditerranéenne. Malgré des liens historiques forts entre la Namibie et l’Angola, les commissionnaires ont du mal à trouver un accord, tout comme le Botswana et la Namibie, que les projets de ce dernier inquiètent. Ces mésententes provoqueront de nombreux retards, notamment dans l’établissement d’un Secrétariat pour l’OKACOM. Cependant, grâce à l’arrivée de financements internationaux (Gouvernement Suédois, USAID, GEF), des projets sont entrepris et permettent à l’OKACOM se de mettre en route.

Aujourd’hui, l’OKACOM est un exemple de coopération pour de nombreux bassins d’Afrique. Le Secrétariat, même de petite taille, commence à assumer pleinement son rôle « terrain ». Reste à savoir sir les trois gouvernements prendront le relai du Gouvernement Suédois, qui assure aujourd’hui le financement de l’OKASEC. Un deuxième TDA a été rédigé et devrait paraître officiellement en avril ou mai de cette année. Il sera suivi d’un Plan d’Action Stratégique (SAP) destiné à assurer l’implémentation des décisions prises. Il semble que les trois pays aient compris l’importance de travailler ensemble et de partager cette ressource commune d’une grande rareté. Cette étape est primordiale à l’aube d’une phase de développement imminente de l’Angola, qui verra probablement émerger plusieurs projets de barrage sur l’Okavango, tandis que le canal d’urgence vers Windhoek est toujours d’actualité dans l’esprit namibien. (Voir Informations Supplémentaires en fin d’article)



Survolée du delta en avion (Voir vidéo)
Il nous a fallu attendre deux jours de plus pour passer à la taille au dessus (quoique visuellement parlant, ils ne furent pas plus gros qu’une mouche) : lors d’une survolée du delta. Nous apprîmes par une américaine volontaire pour « Peace Corps » (une organisation travaillant dans le développement de communautés) l’existence d’un avion de fret qui devait ravitailler le village de Seronga, en amont du delta. Ni une, ni deux, nous sautons sur l’occasion et réussissons à trouver deux sièges au milieu des paquets de chips et soupes en sachet. Pour l’évènement, nous faisons une croix éphémère sur nos préoccupations environnementales (qui n’en aurait pas fait autant ?). En guise d’avion, nous nous retrouvons donc sur le tarmac devant une minuscule coque flanquée de deux ailes. La survolée dure en tout 45mn. Moi qui m’attendais à voir de l’eau partout, en réalité, on ne la voit pas : elle est partout et nulle part, cachée sous les herbes, les nénuphars ou si peu profonde que l’altitude la rend transparente. En quelques secondes, nous survolons une des plus vastes zones humides de la planète. Tout autour de nous, jusqu’à l’horizon et dans toutes les directions, ce n’est que vert et eau. Pas le moindre petit caillou ne vient troubler la platitude absolue du paysage. Aucune infrastructure humaine visible à des centaines de kilomètres à la ronde. Seules des pistes ocre, parfois coupées par de récentes inondations, relient les îlots encore émergés entre eux. Ça et là, des espaces un peu plus larges et entièrement défrichés marquent des pistes d’atterrissage, souvent jouxtées par des camps faits d’une quinzaine de bungalows. Au bout d’une demi-heure, nous apercevons les premiers animaux : un troupeau d’éléphants traversant un cours d’eau. C’est un ravissement que de constater que cette nature infinie leur appartient. Même si on les imagine battre des oreilles, l’altitude permet à peine de les distinguer, seuls points mobiles dans ce repère immuable. Un peu plus loin, un point d’eau rassemble ce que nous croyons être des hippopotames et des lions. Zoomer sur nos photos un peu plus tard nous permettra de reconnaître à leur place des buffalos et des antilopes. La chaleur (il fait environ 40°) est source de trous d’air et l’avion fait des siennes. Lorsque mon estomac commence sérieusement à crier « A l’aide ! », nous entamons notre descente.


Okavango vu du ciel


Conclusion
La visite de l’Okavango aura été pour nous une véritable source de réflexion et d’apprentissages. Au-delà des paysages, la dimension humaine du bassin est une composante primordiale de son développement, si ce n’est essentielle. Le projet sur lequel nous avons décidé de nous pencher porte sur le développement des communautés entourant le fleuve. Portant le doux nom de «Every River Has Its People » (ERP), sa tâche n’est pas moins complexe : tenter de faire remonter les problématiques vécues quotidiennement par les communautés sur le terrain au niveau des politiques et, parallèlement, tenter d’expliquer les décisions politiques aux villageois. Lorsque l’on se retrouve assis sous un baobab, à discuter avec des hommes et des femmes qui essaient tant bien que mal de vendre leur artisanat ou de créer des structures pour accueillir des touristes dans le but, non seulement d’avoir des revenus, mais tout simplement de vivre, toute une flopée de questions nous viennent à l’esprit : comment développer des initiatives durables au niveau local ? Quelle direction a pris le développement de l’Afrique ? Qu’adviendra t-il de la présence exponentielle des chinois sur ce continent ? Quand disparaîtra la distinction entre blanc et noir ? Comment diminuer la corruption ? Quelle différence entre éducation et formation ? Jusqu’à quel point les agences de développement doivent-elles s’impliquer et doivent-elles seulement encore le faire ? Quelle différence entre aide et assistance ?
Ce ne sont pas six mois en Afrique qui nous permettront de répondre à ces problématiques sur lesquelles des milliers de personnes se penchent déjà. Cependant, être ici, confrontés à ce quotidien, nous aidera peut-être, si ce n’est à le comprendre, au moins à en saisir quelques clés. Espérons que notre newsletter vous aidera à faire de même. T.I.A. This Is Africa.





INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES


Situation par pays

BOTSWANA
o N’apporte virtuellement aucune contribution en terme de flux à l’Okavango, très peu de précipitations et donc peu d’eau de surface disponible
o Le Delta a été déclaré site protégé par la Convention de Ramsar en 1997.
o Le Delta abrite de nombreuses communautés tribales relativement pauvres, peu éduquées et souvent isolées.
o L’importance du tourisme dans le delta est la principale préoccupation du Botswana quant à la préservation du fleuve: maintenir un écosystème de qualité et donc attractif pour les touristes.
o Le Botswana a une excellente réputation de démocratie (c’est la plus vieille démocratie d’Afrique) et de bonne gouvernance (c’est le pays le moins corrompu d’Afrique). (Source: Transparency internationals Corruption Perception index 2007)
o La rareté des ressources en eau affecte de nombreux aspects de l’économie nationale: les infrastructures hydrauliques notamment sont très coûteuses. Le Botswana doit envisager un futur avec une demande croissante et une disponibilité des ressources en baisse, en envisageant entre autres un management par la demande, la récupération des eaux de pluie et le mangement des eaux souterraines.
Législation :
o «Environmental Management Act» préparé en 2006 pour harmoniser les différentes législations.
o Le développement dans le secteur de l’eau est fait à travers une approche par les « Strategic Environmental Assessment » (SEA)
o Mise en place de l’« Okavango Delta Management Plan » (ODMP) présenté officiellement au Symposium international sur les zones humides qui s’est tenu du 1er au 3 février 2010 à Maun

NAMIBIE
o Contribue pour moins de 3% au flux de l’Okavango.
o La Namibie a signé la Convention de Ramsar en 1995.
o Cinq « Autorités Traditionnelles » vivent le long de l’Okavango, regroupant plusieurs centaines de communauté comparativement plus pauvres qu’au Botswana mais avec un niveau de vie encore supérieur qu’en Angola.
o La Namibie a un climat extrêmement aride, c’est le pays le plus sec de l’Afrique sub-saharienne. Le pays doit donc puiser de l’eau à ses frontières pour approvisionner le centre du pays. Le manque d’eau douce est une menace majeure pour le développement national.
o Le secteur agricole est le principal consommateur avec 75% des ressources en eau.
Législation :
o Water Supply and Sanitation Sector Policy (WASSP), 1993
o National Water Policy White Paper, 2000
o Water Resources Management Act, 2004

ANGOLA
o Fournit 95% des eaux de surface à l’Okavango.
o La Guerre Civile qui a duré près d’un quart de siècle a empêché tout développement socio-économique et le pays utilise donc très peu d’eau de l’Okavango.
o Le rapatriement de 6 millions de réfugiés va accroître fortement la demande en eau.
o L’Angola a aujourd’hui un besoin urgent de développer son économie, d’entamer sa reconstruction et d’assurer la sécurité alimentaire et professionnelle de son peuple, ce qui va faire naître dans la prochaine décennie de nombreux projets industriels et agricoles risquant d’avoir des conséquences importantes sur les pays en aval si un plan à l’échelle du bassin n’est pas mis en œuvre.
Législation :
Je n’ai pas trouvé de données à ce sujet.



Cadre légal
Ratifié par les 3 pays :
International :
o Règles d’Helsinki, 1966
o Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (UNFCCC)
o Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique (UNCBD)
o Convention des Nations Unies pour combattre la Désertification (UNCCD), 1994
o La Convention des Nations Unies sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation(UNCSW), 1997
Régional :
o Protocole Révisé de SADC sur les cours d’eau partagés, 1995
o L’accord de l’OKACOM, 1994
Ratifié uniquement par le Botswana et la Namibie :
o Convention de Ramsar sur les Zones Humides d’Importance Internationale, 1971



Infrastructures
ANGOLA
Peu ou pas d’infrastructures du fait de la Guerre Civile en Angola.

NAMIBIE
o Barrage sur la rivière Omatako, d’où l’eau est redirigée à but domestique et industriel vers le complexe d’Okahanja-Windhoek en Namibie Centrale,
o L’ « Eastern National Water Carrier » (ENWC) en Namibie don’t une des composantes est le canal entre Rundu et Windhoek.

BOTSWANA
o Barrage de Mopipi pour fournir de l’eau à la mine de diamant d’Orapa.



PROJETS INTERNATIONAUX
o Plan de transfert international interbassin entre le fleuve Zaïre en République Démocratique du Congo, via l’Angola, et qui se déchargerait dans l’Okavango ou le Kunene,
o Proposition du Complexe Hydropolitique Sud-Africain d’un transfert international interbassin, par exemple en utilisant le fleuve Zambèze pour approvisionner Gaborone ou d’autres villes motswana dans l’ouest du pays.





Sources
Green cross, Okavango river basin, (date inconnue)
HEYNS P. S. vH., Governance of the Okavango, 2007
HOORC, Water balance of the Okavango, 2007
MBAIWA J., Causes and possible solutions to water resource conflicts in the Okavango River, 2004
MONGGAE F., Participation of basin stakeholders through transboundary river basin institutions, a case study from the Okavango River Basin, (date inconnue)
SIDA, Botswana Environmental and Climate Change Analysis, 2008
SIDA, Namibia Environmental and Climate Change Analysis, 2008
Site Internet de l’OKACOM: www.okacom.org
TURTON T., AWIRU, Water Sharing to Benefit Sharing, (date inconnue)


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